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Le service DiviAccès doit-il s’améliorer ? 2/3

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Après vous avoir présenté hier le service DiviAccès, abordons aujourd’hui quelques dysfonctionnements rencontrés par les usagers qui -précisons-le- saluent tous la plus large amplitude horaire des TPMR mise en place en décembre dernier. Dans notre dernier volet, nous ferons un focus sur « une forme d’insécurité » que peuvent ressentir certains usagers.

« Et en plus le spectacle n’était pas génial ». Madame Poitou nous reçoit chez-elle pour nous raconter ce qu’elle a vécu le 7 avril dernier. Elle est tétraplégique et est accompagnée par une auxiliaire de vie 7/7 et 24h/24. Elle est arrivée à l’heure en navette DiviAccès. A 19h20, un fois le spectacle achevé, elle est devant l’Auditorium, 10 minutes en avance comme l’exige le « protocole ». Elle attend que l’on passe la reprendre pour la ramener chez elle à Plombières où elle vit au rez-de-chaussée, dans une résidence inclusive. Seulement voilà…

L’APF obligée d’intervenir

Les minutes passent et la navette ne vient pas. 10 tentatives pour joindre DiviAccès… mais il n’y a pas de réponse. Madame Poitou, avec son auxiliaire de vie, fait appel à l’astreinte du Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile (SAAD) de l’ Association des Paralysés de France pour chercher une solution. Arrivée sur place, la personne d’astreinte tente en vain de trouver un moyen de transport. Elle se tourne vers les taxis mais aucun véhicule adapté ne peut la transporter. Le Tramway ne va pas jusqu’à Plombières et à cette heure, la ligne B 12 ne circule plus. Qui contacter ? Les pompiers ? Elle se tourne alors vers lAPF 21, à Longvic, qui, le week-end, au contraire du SAAD n’a pas de personnes d’astreinte mais dispose d’un un véhicule adéquat. Cela fait déjà deux heures que Madame Poitou et son auxiliaire attendent. Le retour à Plombières se fera grâce à l’association et non au service de TPMR.

(Image diffusée avec l’autorisation de Mme Poitou)

Habitués de la Maison des syndicats, nous passons au 6 bis rue Pierre Curie ou est également domicilié le SAAD de l’Association des Paralysés de France, histoire d’éclaircir cet imbroglio qui a causé bien des soucis à l’infortunée Madame Poitou. « Divia explique que le chauffeur était bien là à 19h30 mais qui ne l’a pas trouvée. Il a alors téléphoné… chez Madame Poitou » qui fatalement n’y était pas puisqu’elle était, comme vous le savez, à l’Auditorium ! Le SAAD ajoute « qu’ on nous a enfin donnés un numéro de fixe pour les « situations d’urgence », chose que l’on réclamait depuis longtemps alors qu’en face on nous a toujours soutenu qu’il n’y avait pas de numéro ».

Ni une ni deux, nous appelons Divia qui nous certifie « avoir envoyé il y a plusieurs jours le fameux numéro d’urgence par courrier à toutes les associations concernées » tout en disant à nouveau « que le chauffeur était à l’heure mais qu’il y a eu confusion sur le lieu de rendez-vous ».

L’APF 21 de Longvic avait reçu le précieux numéro fin mars soit même pas deux semaines avant les déboires d’Odile Poitou mais il n’avait pas été transmis au SAAD de l’APF.

« Portraits » de dysfonctionnements

Les témoignages récoltés ont mis en avant des problèmes sur les lieux où sont déposés et récupérés les usagers. Madame Laborey, voisine de Mme Poitou et usagère de DiviAccès nous explique ainsi « que durant les premières semaines, lorsque la destination choisie était le C.C. de la Toison d’Or, les passagers descendaient au bas d’une rampe d’accès ». Logique vous nous direz. Sauf que cette rampe est jugée par beaucoup comme trop raide. Divia a donc dû intervenir pour que la Toison autorise que les personnes à mobilité réduite soient déposées devant l’entrée de Boulanger qui est de plein pied.

Le Cas de Madame Poitou montre que les lieux pour récupérer les usagers ne sont pas toujours bien définis et c’est évidemment un gros point à améliorer. Divia en a conscience et Martine Maudonnet, membre de l’APF 21 aussi. Un travail en commun serait en cours. Pour Madame Laborey, « cela s’explique par le fait qu’à l’aller et au retour, ce ne sont pas les mêmes chauffeurs. Il y a visiblement un manque de communication entre eux qui occasionnent hélas ces désagréments pour nous. C’est souvent le cas quand nous demandons d’aller dans la zone d’activité de Quétigny ».

Dans le même ordre d’idée, il est parfois compliqué pour les usagers d’être en temps et en heure au rendez-vous pour reprendre la navette et rentrer chez soi. Monsieur J. s’était rendu chez son médecin… qui l’a pris en retard. Fatalement, il n’a pu être à l’heure pour être récupéré par DiviAccès et a dû rentrer seul, en actionnant un levier à droite de son fauteuil pour retrouver ses pénates ce qui lui a coûté plus d’une heure d’effort. Dans l’organisation générale du service, ce type de cas sont de véritables casse-têtes, la solution serait ici que les médecins respectent leurs horaires, en sachant bien qu’ils ne font pas exprès de prendre les patients en retard. Il faudrait un peu plus de souplesse au service pour pouvoir s’adapter à ces soucis qui ne sont pas causés par Divia.

Un autre point revient régulièrement sur le tapis : le numéro de téléphone fourni par Divia qui sonne parfois dans le vide. Mme Laborey explique que « c’est Martine Maudonnet, de l’APF qui s’est battue pour avoir ce numéro d’astreinte… mais encore faut-il qu’ils répondent ! Maintenant qu’il est disponible, ce numéro est collé sur mon frigo mais il y a, ici aussi, des dysfonctionnements. J’ai parfois du mal, le dimanche, à décommander une course que j’avais réservée à l’avance. Si la navette se déplace et qu’il n’y a pas de prise en charge, le prix du voyage est tout de même débité sur mon compte. Les courses doivent être réservées 2 heures à l’avance mais il est bon de s’y prendre plus tôt. Pour décommander, c’est une heure avant la prise en charge mais cet acte est soumis, en période dominicale, à la réactivité du numéro d’astreinte ».

Demain suite et fin de notre enquête avec les conditions des trajets à l’intérieur des navettes DiviAccès qui pour certains usagers occasionnent un stress intense alors que d’autres ne se sentent pas « en danger ». Une interrogation apparaît en creux : la question de la formation des chauffeurs pour un service qui peut apparaître comme nécessitant quelques compétences précises.

Mickey Meresi pour le collectif dijon-actu.fr

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