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Piétonnisation : la concertation a ses limites !

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Tramway, métropolisation : la ville de Dijon, plus que d’être à l’initiative, suit les évolutions en terme d’aménagement de l’espace urbains que les autres villes françaises et européennes connaissent. La piétonnisation des centres-villes, très à la mode, n’échappe pas à la règle dans la cité des Ducs. N’est-ce pas le mouvement et la logique des choses ? Qui à Dijon accepterait aujourd’hui de voir la place de la Libération constellée de voitures comme ce fut le cas jusqu’en 2006 ?

Les piétonnisations récentes ont concerné les rues de la Liberté, du Bourg, des Bons-Enfants, du Palais, des Godrans… La liste est longue. Dernièrement, ce sont les rues Charrue et Piron ainsi que la place des Cordeliers qui ont connu le même processus.

En 2018, les rues des Forges, Jeannin, Verrerie, Longepierre sans oublier la place de la Sainte Chapelle vont être transformées pour que les voitures en soient honnies. Le « top départ » de ces vastes travaux a d’ailleurs été lancé tout récemment, le 23 avril dernier, pour un coût total de 1,6 M €

« Une piétonnisation plébiscitée… »

Ce sont les mots du Maire François Rebsamen. L’édile, dans les colonnes du Bien Public, explique que les Dijonnais « sont fiers de leur ville et du secteur médiéval sauvegardé ». Il solidifie son propos en avançant divers arguments : « Moins de pollution atmosphérique, moins de nuisance sonore, de véritables boucles pour le shopping, une attractivité touristique renforcée seront autant d’avantages pour les riverains, les commerçants ainsi que l’ensemble des visiteurs ». Bref, le ton et donné. Les commerçants ne peuvent que prendre acte de la décision de la municipalité.

… mais des commerçant mis devant le fait accompli ?

En Mars dernier, une réunion d’information a été organisée par l’équipe municipale. Réunion d’information… et pas réunion de concertation. Une commerçante souhaitant rester anonyme explique ainsi que « la seule concertation qui ait eu lieu, c’était sur le choix des dates de travaux. Il fallait trancher entre avril et septembre et comme vous pouvez le voir, la décision s’est portée sur avril. Voilà où nous en sommes aujourd’hui ».

Dijon-actu.fr s’est baladé, histoire de faire le tour des commerçants de la rue des Forges afin d’avoir leur ressenti. Le bilan des réponses est mitigé

« Que nous soyons pour ou contre, la mairie avait déjà pris sa décision, alors vous savez, le débat est réglé ! On nous a quand même proposé deux dates pour le commencement des travaux, c’est plutôt sympa non ? » nous explique un des tenanciers d’échoppes de la rue.

Une chose est sûr : là où se rejoignent les commerçants c’est que rien n’a été mis en place pour supporter la perte des chiffres liée aux travaux. « On assume les choix de la mairie de A à Z, jusque sur le plan financier » nous diront plusieurs d’entre eux.

Piétonniser oui… mais après ?

Le choix de voir les voitures hors du centre-ville est un angle politique assumé par la municipalité. Gouverner c’est prendre des décisions. Quel aurait été le résultat si des concertations avaient été mises en place à ce sujet ? Demander l’avis n’est-il pas plus risqué politiquement que de trancher et faire ? Nous ne le saurons pas. Sur un plan strictement politico-politique, les Dijonnais comme l’a dit le Maire sont favorables à ces changements et les lambda représentes plus de voix que les commerçants. Mathématique.

Les piétonnisations précédentes ont abouti à un espace urbain « épuré ». « Froid » diront certains. Il serait illusoire de procéder à des concertations sur les goûts et les couleurs, sujet de débat inextricable. Pas sûr toutefois que cette fois-ci les nouvelles rues expurgées de voitures voient fleurir, comme l’artère principale de la ville en son temps, des « arbres de la liberté » qui eux n’ont pas du tout été plébiscités. La piétonnisation n’est par ailleurs pas « le coup de baguette magique » qui va tout régler.

La Place des Cordeliers apparaît davantage, à la morte-saison, comme un non-lieu plutôt que comme un lieu de vie intense. Autre limite : dans une perspective générale, les habitants du centre-ville ne peuvent à eux seuls faire tourner les boutiques. Il faut donc arriver à drainer un plus large public. La pari récurrent est de miser sur les touristes, clientèle bien incertaine et volatile dans un espace qui rappelons-le n’a pas réussi à obtenir son classement… en Zone Touristique Internationale. Cocasse… tout comme l’appel un peu désespéré aux associations pour animer l’ensemble.

Le problème du stationnement ?

Les commerçants, dans leur globalité, pointent du doigt les problèmes de stationnement après les travaux. « La piétonnisation ne peut marcher que s’ils y a des places de stationnement aux abords de la zone piétonne. Or, c’est loin d’être le cas » d’où l’inquiétude des commerçants. La mairie aura encore beaucoup de travail a faire de ce côté-là. La vaste zone bientôt dédiée à 100 % aux piétons est en effet embrassée sur ses marges par le tramway qui vous conduit -aussi- directement vers la Toison et Quetigny où tous les désirs de consommation peuvent être assouvi sur un espace restreint…

Le bulletin de vote est est un des outils d’action et loin d’être le seul. Réfléchir où l’on consomme et ce que l’on consomme est un autre outil. Et celui là, on peut l’utiliser tous les jours et pas une fois de temps à autre au gré des scrutins… A bon entendeur….

Durée des travaux rue par rue :

Rue des Forges :  du 23 avril au 24 août

Rue Verrerie :  du 28 mai au 20 juillet

Rue Jeannin : du 4 juin au 31 août

Rue Longepierre : du 2 janvier au 8 mars 2019

Le RG Hérisson pour le collectif dijon-actu.fr

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