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Réseaux sociaux : l’ « erreur de manip » d’Hamid EL Hassouni

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Quelle pente glissante ces réseaux sociaux. Ils apparaissent comme des relais indispensables pour tout… donc pour n’importe quoi. Dijon-actu.fr -qui dispose d’un profil facebook et depuis peu d’un compte twitter- ne peut décemment pas venir faire la morale puisque notre collectif est, vous l’aurez remarqué, utilisateur des ces « médias ». Ils servent à propager, à diffuser. Peut-être même que sans eux nos enquêtes sur Voo TV, le conflit social à l’Association Grand Dijon Médiation et d’autres articles n’auraient pas eu autant de « succès ». Les réseaux sociaux sont comme les livres qui purent cristalliser toutes les critiques une fois que Gutemberg avait inventé sa machine à imprimer. On y trouve à boire et à manger. On y trouve le meilleur comme le pire, twitter et consort n’ayant toutefois pas le filtre représenté par une maison d’édition.

 Qu’aurait été le Printemps Arabe sans Facebook ? Sûrement pas « rien » mais force est de constater que les réseaux sociaux, moins cadenassables et contrôlables par les différents pouvoirs, peuvent parfois permettre à la démocratie et à l’humanité d’avoir voix au chapitre. Où à des cons d’être repris par des gens bien en place.

Procédons aujourd’hui, comme souvent, à une étude de cas : Hamid EL Hassouni  est élu et membre de la majorité municipale mais aussi élu départemental ainsi que président de Grand Dijon Habitat. Voici le partage qui pose problème :

Hamid El Hassouni a relayé l’avis de Jean-Marie Le Pen, via son compte facebook, sur les inqualifiables crimes de l’armée israélienne à l’égard de Palestiniens le 14 Mai 2018. Avant d’entrer  en détail sur l’ « erreur de manip », posons nous d’abord une question simple…

Les réseaux sociaux : sources d’informations pour les médias ?

En 2018 et même en restant sur le plan dijonno-dijonnais, force est de constater que oui. L’article du Bien Public sur Divia qui vous filme en train de pisser aux alentours des parkings est la reprise d’une publication facebook d’un internaute local qui s’était interrogé sur la légalité du procédé. Dans le même ordre d’idée, c’est via facebook que Michel Neugnot avait annoncé sa mise en examen pour diffamation non publique pour des propos qui auraient été tenus à l’encontre de Catherine Lancelle, une militante socialiste, en février 2017. Par cet article, notre collectif non professionnel fait d’ailleurs sensiblement la même chose. Les réseaux sociaux sont un espace de parole, certes souvent réduite, mais qui de fait amène une forme d’information traitable et analysable. Évidemment, 140 caractères ne valent pas 30 minutes d’interview mais ceux qui utilisent les réseaux sociaux -à plus forte raison lorsqu’ils sont aux responsabilités- ont conscience de cet enjeu, de cette invariable imperfection. Mal utiliséé ça peut hélas parfois vous péter à la figure. Poussons ensemble le bouchon très loin, jusqu’au bout…

Jean-Marie Le Pen a-t-il raison ?

« A Gaza, les médias parlent d’affrontements entre Palestiniens et Israéliens les dizaines de morts et les centaines de blessés sont tous Palestiniens. Il faut que cesse ce massacre ! » . Vous pouvez regarder nombre de réactions, à gauche comme à droite, le fond des tweets ou des statuts facebook n’est pas très différent. La condamnation est unanime. Certains et certaines ont condamné à juste titre le choix des mots par certains médias pour décrire cette situation :

Finalement, où est le problème ? Hamid El Hassouni a relayé l’avis d’un internaute -certes connu- avec lequel, sur le massacre du 14 Mai 2018, il est d’accord. Fin de l’histoire. Sauf que pour notre collectif (et d’autres), ça ne peut décemment pas marcher comme ça.

Relayer un avis, c’est aussi relayer son auteur…

… et l’auteur, c’est Jean-Marie Le Pen qui, si on peut dire, a prouvé à de multiples reprises son efficacité dans la négation de tant de choses et plus généralement de l’Être Humain. Nous n’allons pas verser dans un discours anti Le Pen père finalement assez facile à tenir et à proférer car il n’engage qu’ à peu de courage intellectuel concret. Être anti-Le Pen, ce n’est pas suffisant lorsque l’on a des desseins politiques -au sens noble du terme- plus vastes.

Hamid EL Hassouni a relayé l’avis d’un homme qui ne pense pas à l’Homme. Durant sa carrière politique, il a montré à plusieurs reprises que toutes les victimes innocentes ne se valaient pas. Ils les a constamment utilisées ou ignorées selon qu’elles servent ou non son idéologie basée d’abord sur l’exclusion de l’autre, de celui ou celle qui est différent-e, qu’il soit Juif, Arabe, Noir, Homosexuel… La liste est hélas longue. Alors comment expliquer qu’Hamid El Hssouni se soit pour un temps transformé en relai de cet homme ?

La défense boiteuse et mal assise d’Hamid El Hassouni

Tout comme les médias, les femmes et hommes politiques suivent « leurs semblables » sur les réseaux sociaux d’où cet échange que nous vous proposons. L’élu municipal a d’abord adopté la stratégie du déni puis s’est couvert sous ce qui fait le titre de notre article : l’ « erreur de manipulation ». C’est tout le problème des réseaux sociaux : relayer sans lire en entier, c’est un sport très pratiqué avec en ligne de mire la chasse au like, au retweet ou au partage. Exister politiquement -et même exister tout court- c’est exister sur les réseaux sociaux quitte à faire une erreur qui a davantage l’allure d’une monumentale connerie.

Nous disions hier, en expliquant pourquoi nous étions contre la sélection à l’université, qu’il fallait redonner aux élèves le droit à l’erreur. Peut-on faire de même pour nos élus ? Pas certain, surtout quand ces derniers se cachent derrière une « erreur de manip ». Hamid EL Hassouni a relayé sans commenter. Après tout, on peut partager ce qui nous fait horreur en expliquant le pourquoi de l’acte. Ce ne fut pas la cas. En politique, la faute est interdite. La connerie parfois possible. Il convient juste de l’assumer honnêtement.

En conclusion :

Cet événement n’en n’est pas un. Il est simplement l’occasion de regarder un peu et de façon très incomplète le fonctionnement et les errements que peuvent représenter les réseaux sociaux. Hamid EL Hassouni n’a bien sûr rien d’un facho d’extrême droite. Il était présent place du François Rude hier soir pour dénoncer avec tant d’autres le massacre du 14 mai. C’est ce triste et inqualifiable événement qui doit concentrer l’attention et l’action des personnes lambda comme des élu-e-s ou des associations.

Les réseaux sociaux ne sont qu’une source d’information parmi d’autres. Tout le monde n’est pas sur facebook et twitter et une personne physique ou morale ne peut être réduite à ses publications. Publier moins? Publier mieux? Ou ne pas publier… mais agir avec ses convictions et pour le bien commun. Ce n’est pas la morale de l’histoire mais peut être un horizon à rechercher. Faire ce que l’on peut, du mieux que l’on peut et parfois faire imparfaitement mais sans se cacher sous une « erreur de manip »…

Le collectif dijon-actu.fr

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